Quand je suis arrivé au ministère de l'Économie en juin 2007, je m'étais fixé comme objectif de simplifier l'univers complexe de l'entrepreneuriat. Avec cette idée en tête, j'ai rapidement mis en place trois groupes de travail à Bercy chargés de travailler sur trois thèmes liés à la création d'entreprises : la fiscalité, le social et le réglementaire. Ces groupes de travail composés de praticiens, entrepreneurs, avocats, notaires, experts comptables avaient des consignes claires : donner sur ces trois sujets les mesures de simplification les plus importantes et radicales à leurs yeux.
Les travaux ont été rendus fin 2007 et au premier rang des propositions, celle qui est apparue comme la plus “nécessaire” était la création d'un régime simplifié d'activité. Nous avons ensuite mis en place un nouveau groupe de travail, nommé un expert, en l'occurrence François HUREL à l'époque (Ndlr : aujourd'hui président de l'UAE, l'Union des auto-entrepreneurs), afin qu'il rédige un rapport sur la création d'un régime simplifié d'entreprise. Ce travail m'a servi notamment à convaincre les administrations en charge de valider le bien-fondé du projet. Une fois cette “étape” passée, nous avons adapté ledit rapport à la sauce du cabinet : nous avons rapidement mis en place une immatriculation en ligne et la fusion des prélèvements sociaux et fiscaux, sujet révolutionnaire à l'époque.
Au départ, nous voulions donc aider les personnes qui souhaitaient créer une entreprise à mettre le pied à l'étrier en minimisant les risques notamment grâce à la règle : “pas de chiffre d'affaires, pas de charges”. Il y avait une idée de pouvoir tester son activité finalement.
Mais très vite, deux typologies d'utilisation de l'auto-entreprise sont apparues, avec pour fondement deux volontés complètement différentes :
- Le projet de création d'entreprise à proprement parler
- Le souhait de compléter ses revenus : par exemple le retraité, le salarié, l'étudiant désirant arrondir leurs fins de mois
Rapidement le succès a dépassé la seule simplification qui en avait été le but initial. Je me rappelle avoir inauguré en octobre 2008 un salon des TPE/PME dans lequel un stand sur l'auto-entreprise renseignait déjà sur le sujet alors que le régime n'existait pas encore officiellement !
Une queue interminable se tenait dans le salon pour venir découvrir ce nouveau mode d'entrepreneuriat. Je me suis dit qu'il se passait quelque chose.
On a créé un site internet dans la foulée, toujours avant la mise en place officielle du dispositif : 30 000 personnes se sont inscrites pour se renseigner en quelques semaines… Je me suis rapidement rendu compte que ce que nous avions créé répondait à des enjeux sociaux plus grands.